Extraits de la vie de Mgr Jouin
22 octobre 2009 10:02 Catégorie :
Mgr Jouin
Voici quelques extraits de la vie de
Monseigneur Jouin, par le chanoine Sauvêtre (http://www.liberius.net/livre.php?id_livre=619), qui
montrent de quelle trempe exceptionnelle était le fondateur de la
Revue Internationale des Sociétés Secrètes :

« Voici quelle était sa méthode de travail pour ses prônes : Une fois son sujet et son plan arrêtés, il faisait relever dans la Catena aurea de saint Thomas d'Aquin tous les textes patrologiques se rapportant à son idée et les enchâssait très heureusement dans le sermon — improvisé d'ailleurs — qui contenait ainsi la moëlle des Docteurs et des Pères. Plus dogmatique que moraliste, il estimait que les résolutions pratiques germent spontanément dans un esprit éclairé par la foi et dans un cœur convaincu. » (p. 118)
« L'abbé Jouin crut qu'on pouvait combattre le modernisme et lui enlever ses armes par l'autorité des Pères de l'Église et leurs commentaires. Il se mit à l'œuvre, sans souci du temps et des efforts qu'elle exigerait.
« Après avoir relevé et copié dans la Patrologie grecque et latine toutes les références se rapportant à chaque verset de la Bible, le travail personnel consistait à faire la critique du texte biblique : critique textuelle, philologique, exégétique, historique, théologique, liturgique et même artistique. La critique exégétique, à elle seule, comprenait l'opinion de tous les Pères et des commentateurs modernes. Le travail était partagé par sections : Prologue de saint Luc, Annonciation, Visitation, etc. Œuvre gigantesque, dont le cadre préparé depuis des années se voyait dans la bibliothèque du Curé de Saint-Augustin : vingt-cinq cartons in-folio contenant, au témoignage de M. l'abbé Viteau, sept mille feuilles et pesant 150 Kilos.
« Il faudrait pour achever ce travail qui ne tend à rien moins qu'à la refonte de la Catena aurea de saint Thomas d'Aquin, une vie entière ou une réunion d'ecclésiastiques, comme celle des Bollandistes. C'était d'ailleurs le rêve de l'abbé Jouin de fonder dans le clergé de Paris un groupement de prêtres se consacrant à ces travaux. Volontiers il en fut devenu le chef et plus volontiers encore, le Mécène. » (pp. 129-130)
« Mais le meilleur de son temps, il le donnait à ses livres. Son panégyriste de 1918 le montre prenant sa revanche de n'avoir pu mener la vie dominicaine en se faisant, dans le monde, bénédictin, « passant ses jours au milieu des livres, disait-il, de ceux qu'il a écrit comme de ceux qu'il compulse de la même main nerveuse et infatigable : armée innombrable dont les vagues successives s'accroissent toujours et déferlent maintenant jusque dans sa chambre à coucher ».
« Ce que l'abbé Jouin cherchait dans l'étude c'était sa puissance de réalisation. Dans ces livres qui s'entassaient dans toutes les pièces du presbytère, il ne voyait que des instruments pour produire du bien. Aussi a-t-il pu sans scrupule se consacrer au travail, « sacrifiant tout ce qui lui paraissait moins utile : visites, lecture des journaux et jusqu'aux soins de sa santé. » (pp. 141-142)
« On était frappé de la flamme de son regard et de l'accent de sa voix quand, aux fêtes du centenaire de Combrée, il rappelait devant tout le collège les vers immortels du poète qui le peignaient lui-même si bien :
Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont
Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front ;
Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime ;
Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime,
Ayant devant les yeux, sans cesse, nuit et jour,
Ou quelque saint labeur, ou quelque grand amour ;
...........................................................................................
Ceux dont le cœur est bon et dont les jours sont pleins.
Ceux-là vivent, Seigneur ; les autres, je les plains. » (p. 239)

« Voici quelle était sa méthode de travail pour ses prônes : Une fois son sujet et son plan arrêtés, il faisait relever dans la Catena aurea de saint Thomas d'Aquin tous les textes patrologiques se rapportant à son idée et les enchâssait très heureusement dans le sermon — improvisé d'ailleurs — qui contenait ainsi la moëlle des Docteurs et des Pères. Plus dogmatique que moraliste, il estimait que les résolutions pratiques germent spontanément dans un esprit éclairé par la foi et dans un cœur convaincu. » (p. 118)
« L'abbé Jouin crut qu'on pouvait combattre le modernisme et lui enlever ses armes par l'autorité des Pères de l'Église et leurs commentaires. Il se mit à l'œuvre, sans souci du temps et des efforts qu'elle exigerait.
« Après avoir relevé et copié dans la Patrologie grecque et latine toutes les références se rapportant à chaque verset de la Bible, le travail personnel consistait à faire la critique du texte biblique : critique textuelle, philologique, exégétique, historique, théologique, liturgique et même artistique. La critique exégétique, à elle seule, comprenait l'opinion de tous les Pères et des commentateurs modernes. Le travail était partagé par sections : Prologue de saint Luc, Annonciation, Visitation, etc. Œuvre gigantesque, dont le cadre préparé depuis des années se voyait dans la bibliothèque du Curé de Saint-Augustin : vingt-cinq cartons in-folio contenant, au témoignage de M. l'abbé Viteau, sept mille feuilles et pesant 150 Kilos.
« Il faudrait pour achever ce travail qui ne tend à rien moins qu'à la refonte de la Catena aurea de saint Thomas d'Aquin, une vie entière ou une réunion d'ecclésiastiques, comme celle des Bollandistes. C'était d'ailleurs le rêve de l'abbé Jouin de fonder dans le clergé de Paris un groupement de prêtres se consacrant à ces travaux. Volontiers il en fut devenu le chef et plus volontiers encore, le Mécène. » (pp. 129-130)
« Mais le meilleur de son temps, il le donnait à ses livres. Son panégyriste de 1918 le montre prenant sa revanche de n'avoir pu mener la vie dominicaine en se faisant, dans le monde, bénédictin, « passant ses jours au milieu des livres, disait-il, de ceux qu'il a écrit comme de ceux qu'il compulse de la même main nerveuse et infatigable : armée innombrable dont les vagues successives s'accroissent toujours et déferlent maintenant jusque dans sa chambre à coucher ».
« Ce que l'abbé Jouin cherchait dans l'étude c'était sa puissance de réalisation. Dans ces livres qui s'entassaient dans toutes les pièces du presbytère, il ne voyait que des instruments pour produire du bien. Aussi a-t-il pu sans scrupule se consacrer au travail, « sacrifiant tout ce qui lui paraissait moins utile : visites, lecture des journaux et jusqu'aux soins de sa santé. » (pp. 141-142)
« On était frappé de la flamme de son regard et de l'accent de sa voix quand, aux fêtes du centenaire de Combrée, il rappelait devant tout le collège les vers immortels du poète qui le peignaient lui-même si bien :
Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont
Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front ;
Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime ;
Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime,
Ayant devant les yeux, sans cesse, nuit et jour,
Ou quelque saint labeur, ou quelque grand amour ;
...........................................................................................
Ceux dont le cœur est bon et dont les jours sont pleins.
Ceux-là vivent, Seigneur ; les autres, je les plains. » (p. 239)