Cardinal Pie
Le cardinal Pie était-il adversaire du gaumisme ?
08 décembre 2010 19:36 Classé dans :
Gaumisme
Dans la querelle des classiques
réveillée par Mgr Gaume au milieu du XIXe
siècle, plusieurs évêques soutinrent
publiquement le vicaire de Nevers dans sa
lutte contre la prépondérance des classiques
païens, les plus connus étant Mgr Gousset et
Mgr Parisis en France, Mgr d’Avanzo et Mgr
Filippi en Italie. Ils étaient tous par
ailleurs ennemis du libéralisme catholique,
comme Mgr Gaume. Les évêques anti-gaumistes,
Mgr Dupanloup et Mgr Landriot en tête, étaient
à l’opposé catholiques libéraux ou
sympathisants.
Il est un grand nom d’évêque qui n’apparaît pas de manière tranchée dans la querelle : celui du cardinal Pie, évêque de Poitiers. Daniel Moulinet, dans sa thèse sur Les classiques païens dans les collèges catholiques ? Le combat de Mgr Gaume (Cerf, 1995), le qualifie de « modéré » sur la question des classiques (p. 459).
Mgr Pie écrivait à Mgr de Salinis le 16 juillet 1852 : « Il se trouve qu'après vingt ans écoulés, vous pouvez avouer tout ce que vous avez dit alors sur la question que certaines gens s'imaginent avoir fait naître depuis quelques mois. J'ai lu avec un grand intérêt ce remarquable discours. » (Abbé de Ladoue, Vie de Mgr de Salinis, p. 506.) À supposer que « certaines gens » désignait l’abbé Gaume, pourquoi Mgr Pie était-il si méprisant envers lui ? C’est un fait que de Salinis avait abordé la question des classiques dès 1832, et était lui aussi modéré : « Si une éducation qui ne nourrit l'enfance que d'études païennes, est essentiellement incomplète et peut devenir fatale, ce serait une grande erreur aussi que de méconnaître la place importante qui appartient à l'antiquité dans les études classiques. » (p. 113). Mgr Pie approuve donc ce juste milieu entre classiques chrétiens et classiques païens.
Voici un autre indice. Mgr Baunard rapporte du jeune Édouard Pie ce qui suit : « Epris de la poésie latine, il savait Virgile par cœur, et c'est de lui principalement qu'il emprunta, croyons-nous, cette grâce harmonieuse qui est une des plus belles qualités de son style. » (Mgr Baunard, Histoire du cardinal Pie, tome 1, p. 24.) Si Mgr Pie a lu Le ver rongeur, il a dû fort peu goûter de voir Gaume citer saint Ouen qualifiant Virgile de « poëte criminel » (pp. 69-70).
Le très antilibéral Mgr Pie nétait donc pas gaumiste ? Quel programme d’études instaura-t-il dans son diocèse ? Ce sont des questions qui nous intéressent mais le temps nous manque pour faire des recherches. Si quelque lecteur a des éléments de réponse, nous lui saurions gré de les communiquer.
Il est un grand nom d’évêque qui n’apparaît pas de manière tranchée dans la querelle : celui du cardinal Pie, évêque de Poitiers. Daniel Moulinet, dans sa thèse sur Les classiques païens dans les collèges catholiques ? Le combat de Mgr Gaume (Cerf, 1995), le qualifie de « modéré » sur la question des classiques (p. 459).

Mgr Pie écrivait à Mgr de Salinis le 16 juillet 1852 : « Il se trouve qu'après vingt ans écoulés, vous pouvez avouer tout ce que vous avez dit alors sur la question que certaines gens s'imaginent avoir fait naître depuis quelques mois. J'ai lu avec un grand intérêt ce remarquable discours. » (Abbé de Ladoue, Vie de Mgr de Salinis, p. 506.) À supposer que « certaines gens » désignait l’abbé Gaume, pourquoi Mgr Pie était-il si méprisant envers lui ? C’est un fait que de Salinis avait abordé la question des classiques dès 1832, et était lui aussi modéré : « Si une éducation qui ne nourrit l'enfance que d'études païennes, est essentiellement incomplète et peut devenir fatale, ce serait une grande erreur aussi que de méconnaître la place importante qui appartient à l'antiquité dans les études classiques. » (p. 113). Mgr Pie approuve donc ce juste milieu entre classiques chrétiens et classiques païens.
Voici un autre indice. Mgr Baunard rapporte du jeune Édouard Pie ce qui suit : « Epris de la poésie latine, il savait Virgile par cœur, et c'est de lui principalement qu'il emprunta, croyons-nous, cette grâce harmonieuse qui est une des plus belles qualités de son style. » (Mgr Baunard, Histoire du cardinal Pie, tome 1, p. 24.) Si Mgr Pie a lu Le ver rongeur, il a dû fort peu goûter de voir Gaume citer saint Ouen qualifiant Virgile de « poëte criminel » (pp. 69-70).
Le très antilibéral Mgr Pie nétait donc pas gaumiste ? Quel programme d’études instaura-t-il dans son diocèse ? Ce sont des questions qui nous intéressent mais le temps nous manque pour faire des recherches. Si quelque lecteur a des éléments de réponse, nous lui saurions gré de les communiquer.
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