Le Père Montrouzier sur saint Libère

Dans son article de la Revue des sciences ecclésiastiques intitulé Une leçon de catéchisme sur l'infaillibilité du Pape, le Père Henri Montrouzier écrit ce qui suit sur saint Libère (nous avons supprimé les notes de bas de page) :

« D. Toutefois, comment se fait-il que plusieurs souverains Pontifes soient accusés d’avoir erré en définissant des questions de foi ?

« R. « L'application constante des ennemis de l'autorité des souverains Pontifes s'est toujours exercée à trouver des erreurs dans leurs définitions : mais jamais ils n’ont pu découvrir aucune erreur contre les dogmes, qui ait été énoncée par aucun Pontife romain, en tant que Pontife et Docteur de l’Eglise. » Ainsi parle saint Liguori.

« Ne pouvant suivre le saint Evêque dans le développement de ses preuves, je me borne à une courte réflexion sur les Pontifes les plus gravement incriminés, qui sont les papes saint Libère, Vigile et Honorius.

« Or, la chute du pape saint Libère est si peu certaine que Bossuet ne crut pas pouvoir en tirer un argument contre l'infaillibilité. On a, du reste, mille fois démontré que le saint Pape n'a jamais déserté l'orthodoxie. Il faut surtout signaler le magnifique travail de M. Edouard Dumont dans la Revue des questions historiques.

« Pour le pape Vigile, non-seulement il n'a pas erré dans la foi, mais le célèbre Pierre de Marca, peu suspect de partialité en faveur des Papes, a composé une dissertation pour établir la haute prudence dont le Pontife fit preuve dans les actes qu'on lui reproche avec tant d'âpreté.

« Quant à Honorius, Mgr l'évêque de Grenoble déclarait tout récemment à son clergé (20 juillet 1868). « Que ni la foi catholique, ni la doctrine de l'infaillibilité du Pape définissant ex Cathedra, ni même la foi personnelle d'Honorius », ne sont en cause dans les débats soulevés à l'occasion du sixième Concile.

« Saint Liguori, qui traite fort bien la question d'Honorius, arrive à conclure : « Il devait dès le principe retrancher l’erreur, et c'est sous ce rapport qu'il a manqué. » — Pourquoi ne pas dire en passant, que tous les donneurs de conseils qui prêchent aujourd'hui la modération, recommandent aux Pères du Concile d'imiter la conduite, que si durement ils blâment dans le Pape ? Si Honorius a prevariqué en se taisant sur l'erreur qui osait se montrer, pourquoi les Pères du Concile ne prévariqueraient-ils pas à leur tour en se taisant aussi sur les erreurs qui envahissent notre siècle ? Avis au P. Gratry !

« Mais revenons.

« Que vaut l'objection déduite des erreurs plus ou moins nombreuses commises par les Papes, dans l'exercice de leur suprême autorité ? Je répons [sic] que cette objection est de nulle valeur, tant que l’on pas apporté [sic] des faits positifs, incontestables. Or, ces faits on ne les apportera jamais. La critique la plus maligne s'y est usée à pure perte. Tournély convient de bonne grâce que les prétendues fautes des Papes n'existent pas ou ne prouvent rien ; il va jusqu'à regretter que l’on discrédite la cause gallicane en voulant l'appuyer sur d'aussi pitoyables arguments.

« Et maintenant, que dire de ces hommes qui passent leur temps à répéter des calomnies mille fois confondues ? Est-ce leur ignorance ou leur mauvaise foi qu'il faut stigmatiser ?

« Que dire surtout de l'impudence qui insulte à l'Église universelle en lui imputant la falsification calculée de son livre de prières ; en sorte que, depuis trois siècles, l'Église qui est la colonne de la vérité, impose à ses prêtres d'ouvrir chaque jour la bouche pour réciter d'odieux mensonges ? Est-ce folie, est-ce blasphème ? O Dieu vengez votre Église ! »
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