Croatie

Marko Marulić, le père de la littérature croate

La Bibliothèque Saint Libère diffuse principalement des œuvres d’auteurs français du XIXe siècle. L’apostasie généralisée que nous vivons, le triomphe du naturalisme et du libéralisme, sont des conséquences directes ou indirectes de la Révolution française, et les auteurs contrerévolutionnaires et antilibéraux français sont indispensables pour appréhender tous ces événements. Cependant l’Église n’est pas née au XIXe siècle, et elle n’est pas limitée à la France. De tous les temps et dans tous les pays, la grâce a produit des combattants de la vérité.

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L’homme dont nous allons parler est peu connu des catholiques francophones. Il a vécu en pleine Renaissance, dans la ville de Split : il s’agit du croate Marko Marulić (1450-1524), le père de la littérature croate. Ce laïc lettré a mis son talent et sa plume au service de Dieu, et son combat s’est porté sur deux fronts :

1. La lutte contre l’envahisseur turc, qui menaçait la Chrétienté. Marulić était à juste titre persuadé que les péchés des nations catholiques, qui avaient mérité la colère de Dieu, étaient la raison première du succès des Turcs. Il écrivit en langue croate sa Prière contre le Turc (Molitva suprotiva Turkom) pour soutenir son peuple dans l’épreuve et le tourner vers Dieu. L’épopée Judith (Judita) rappelait comment Dieu avait terrassé le païen Holopherne par la main de la sainte veuve Judith. Pour triompher des Turcs, il fallait, comme Judith, implorer l’aide de Dieu et aller au combat. Marulić ne négligeait donc pas la nécessité de se défendre par les armes. Sa Plainte de la ville de Jérusalem, suppliant le Pape de réunir les seigneurs chrétiens, pour la délivrer des mains des infidèles (Tužen’je grada Hjerozolima moleći Papu da skupi gospodu karstjansku ter da ga oslobodi od ruk poganskih) met en scène la ville de Jérusalem (représentant l’Église) désolée par les Turcs, qui appelle le Pape à son secours. Il doit à son tour appeler les rois chrétiens à la Croisade. Deux ans avant sa mort, Marulić écrivit une lettre ouverte au Pape à ce sujet : Lettre de Marcus Marulus de Split à Adrien VI, souverain pontife, au sujet des malheurs actuels, et exhortation à l’union et à la paix de tous les chrétiens (Epistola domini Marci Maruli Spalatensis ad Adrianum VI. pontificem maximum de calamitatibus occurrentibus et exhortatio ad communem omnium christianorum unionem et pacem).

2. L’entretien de la foi chez les catholiques et un appel à une vie plus sainte. L’œuvre principale de Marulić a consisté en des livres de piété et de dévotion, écrits en latin. Ses deux grands succès sont l’Evangelistarum et le De institutione bene vivendi per exempla sanctorum (Méthode pour bien vivre d’après les exemples des saints). Ces livres ont connu une importante diffusion européenne aux XVIe et XVIIe siècles, que ce soit dans l’original latin ou des traductions en vernaculaire. On comprend l’intérêt de ces livres aux noms de certains de leurs lecteurs : saint François Xavier avait toujours l’Institutio sur lui dans ses missions en Asie ; saint Pierre Canisius recommandait la lecture de l’Evangelistarum et de l’Institutio ; saint François de Sales se servit de l’Institutio pour son Traité de l’Amour de Dieu et ses Sermons.

L’une des particularités de Marulić était que, en plein triomphe de l’humanisme païen, il rejetait explicitement la philosophie, les héros et les mœurs antiques. Vers la fin de sa vie, il écrivit le Dialogue sur Hercule surpassé par les admirateurs du Christ (Dialogus de Hercule a Christicolis superato). Le dialogue met en scène un théologien et un poète, chacun défendant ses héros, respectivement les catholiques et Hercule. Le théologien l’emporte et ouvre les yeux du poète sur la supériorité des catholiques.

Par certains aspects, la situation actuelle ressemble à celle où vivait Marulić. Ce ne sont pas les Turcs qui triomphent, ce sont les impies, et Dieu seul peut nous en délivrer. Les mœurs sont encore plus corrompues aujourd’hui qu’à l’époque de la Renaissance, et les catholiques ont autant besoin d’encouragements et de conseils pour mener une sainte vie. C’est dire que l’œuvre de Marulić est toujours actuelle, et qu’on aurait tort de n’en faire qu’un objet de curiosité et d’étude universitaires.

S’il existe plusieurs documents en français sur Marulić, il y a peu de traductions de ses œuvres dans cette langue. Si Dieu le permet, nous essayerons de combler un peu ce manque, dans le mesure de nos moyens, afin de mieux faire connaître ce grand catholique. Nous commençons modestement par une traduction en français d’une prière à la Vierge Marie (Divici Mariji) : http://www.liberius.net/article.php?id_article=187.

Émission de Radio-Courtoisie sur la Croatie

Le 8 décembre dernier, Radio-Courtoisie a diffusé une émission intitulée La Croatie : une nation catholique aux avant-postes de l'Occident. Le journaliste Henry de Lesquen recevait l’historien Henry Bogdan et Claude Grbesa, premier secrétaire de l’Ambassade de Croatie à Paris. Voici cette émission en format MP3, merci à l’ami qui l’a enregistrée pour nous : La Croatie : une nation catholique aux avant-postes de l'Occident.

Voice of Croatia

Pour savoir ce qui se passe en Croatie, le rempart de la Chrétienté (antemurale Christianitatis - Léon X, 1519), nous recommandons de visiter ce site ami : http://www.voiceofcroatia.net. On se désole de voir ce pays, à peine libéré du joug yougoslave, désirer le joug insidieux de l’Europe maçonnique. VOC