Cardinal Dechamps
Le cardinal Dechamps et saint Libère
15 juillet 2008 21:39
Dans L’infaillibilité et le Concile général, le cardinal Dechamps (archevêque de Malines, Primat de Belgique) justifie le pape saint Libère :
Les adversaires de l'infaillibilité du Saint-Siège ont lu et relu l'histoire ecclésiastique, et dans cette histoire de près de vingt siècles, qu'ont-ils trouvé de plus fort en faveur de leur triste thèse ?
Deux faits étrangers à la question !
En effet, ces deux faits sont ceux de Libère et d'Honorius, du saint Pape Libère signant la première formule de Sirmium, et du grand Honorius répondant à Sergius de Constantinople lorsque le monothélisme se voilait encore.
Or, dans ces deux circonstances, ni Libère ni Honorius n'ont parlé ex cathedra.
Que faut-il, en effet, pour que les Souverains Pontifes parlent ex cathedra ?
Il faut qu'ils parlent librement à l'Église universelle, et que la doctrine qu'ils définissent soit formulée en termes qui expriment l'obligation d’adhérer à leur définition.
Rien de semblable, d'abord, dans ce qu'on reproche à Libère.
Libère n'était pas libre quand il souscrivit la première formule de Sirmium. Cette formule, du reste, ne renfermait pas l'hérésie arienne ; elle n'était répréhensible que par ses réticences ; et loin de la signer librement, Libère ne la souscrivit que vaincu par les souffrances d'un exil de plusieurs années, par la crainte du supplice, et plus encore par la peine de savoir un antipape sur le Saint-Siège. Des historiens protestants, les centuriateurs de Magdebourg, le reconnaissent eux-mêmes. « Tout ce que l'on raconte de la souscription de Libère, disent-ils, ne tombe nullement sur le dogme arien qui n'était pas exprimé dans la formule, mais sur la condamnation d'Athanase, et il est certain que Libère ne cessa pas de professer la foi de Nicée. »
Et puis, Libère ne proposa certainement pas la formule de Sirmium à la foi de l'Église universelle, et, par conséquent ne fit rien qui ressemblât à une définition dogmatique.
Libère a donc péché par faiblesse, mais sans jamais rien enseigner contre la foi. Il a prouvé qu'il n'était pas impeccable, mais ce qu'il a fait ne prouve absolument rien contre l'infaillibilité des Souverains Pontifes parlant ex cathedra.
Libère reconnut sa faute, la pleura, reprit avec son premier courage la défense d'Athanase, rejeta la profession de foi de Rimini en 359, mourut saintement. Ce pontife termina sa carrière avec toute la gloire qui avait illustré la très grande partie d'un règne de plus de quatorze ans, et qu'un moment de faiblesse n'a pu ternir. Plusieurs historiens de grande autorité n'admettent même pas ce moment de faiblesse, et les preuves ne leur manquent pas pour établir que rien n'a fait tache dans cette sainte vie. Presque tous les Pères donnent au Pape Libère le nom de Bienheureux. (Pp. 107-109.)
Ce texte a été repris par Mgr Cecconi, Histoire du Concile du Vatican (tome IV), pp. 99-100.
Les adversaires de l'infaillibilité du Saint-Siège ont lu et relu l'histoire ecclésiastique, et dans cette histoire de près de vingt siècles, qu'ont-ils trouvé de plus fort en faveur de leur triste thèse ?
Deux faits étrangers à la question !
En effet, ces deux faits sont ceux de Libère et d'Honorius, du saint Pape Libère signant la première formule de Sirmium, et du grand Honorius répondant à Sergius de Constantinople lorsque le monothélisme se voilait encore.
Or, dans ces deux circonstances, ni Libère ni Honorius n'ont parlé ex cathedra.
Que faut-il, en effet, pour que les Souverains Pontifes parlent ex cathedra ?
Il faut qu'ils parlent librement à l'Église universelle, et que la doctrine qu'ils définissent soit formulée en termes qui expriment l'obligation d’adhérer à leur définition.
Rien de semblable, d'abord, dans ce qu'on reproche à Libère.
Libère n'était pas libre quand il souscrivit la première formule de Sirmium. Cette formule, du reste, ne renfermait pas l'hérésie arienne ; elle n'était répréhensible que par ses réticences ; et loin de la signer librement, Libère ne la souscrivit que vaincu par les souffrances d'un exil de plusieurs années, par la crainte du supplice, et plus encore par la peine de savoir un antipape sur le Saint-Siège. Des historiens protestants, les centuriateurs de Magdebourg, le reconnaissent eux-mêmes. « Tout ce que l'on raconte de la souscription de Libère, disent-ils, ne tombe nullement sur le dogme arien qui n'était pas exprimé dans la formule, mais sur la condamnation d'Athanase, et il est certain que Libère ne cessa pas de professer la foi de Nicée. »
Et puis, Libère ne proposa certainement pas la formule de Sirmium à la foi de l'Église universelle, et, par conséquent ne fit rien qui ressemblât à une définition dogmatique.
Libère a donc péché par faiblesse, mais sans jamais rien enseigner contre la foi. Il a prouvé qu'il n'était pas impeccable, mais ce qu'il a fait ne prouve absolument rien contre l'infaillibilité des Souverains Pontifes parlant ex cathedra.
Libère reconnut sa faute, la pleura, reprit avec son premier courage la défense d'Athanase, rejeta la profession de foi de Rimini en 359, mourut saintement. Ce pontife termina sa carrière avec toute la gloire qui avait illustré la très grande partie d'un règne de plus de quatorze ans, et qu'un moment de faiblesse n'a pu ternir. Plusieurs historiens de grande autorité n'admettent même pas ce moment de faiblesse, et les preuves ne leur manquent pas pour établir que rien n'a fait tache dans cette sainte vie. Presque tous les Pères donnent au Pape Libère le nom de Bienheureux. (Pp. 107-109.)
Ce texte a été repris par Mgr Cecconi, Histoire du Concile du Vatican (tome IV), pp. 99-100.