Bibliographie catholique
Lettre écrite par l’ordre et au nom de Pie IX à M. l'abbé Duplessy, directeur de la Bibliographie catholique
25 août 2009 20:20
Lettre écrite par l’ordre et
au nom de sa Sainteté Pie IX à M. l'abbé Duplessy, chanoine
honoraire de Bordeaux, d'Alger et de Nevers, directeur de la
Bibliographie catholique.
« Très-illustre, très-révérend et digne Monsieur,
« Le très-saint Père s'est réjoui de vous entendre recommander à plus d'un titre par l'un des plus éminents prélats des Gaules (1), pour les soins que vous avez donnés soit à étendre l'uniformité de la sainte liturgie (2), soit à procurer l'accroissement du clergé, principalement à l'étranger (3) ; mais il a été surtout ravi de l'ouvrage que vous avez entrepris depuis longtemps, et qu'avec une admirable constance et un travail assidu de vingt-sept années, vous avez conduit au trente-septième volume sous le titre de Bibliographie catholique. Entre les principaux artifices de corruption par lesquels les ennemis du nom chrétien et autres hommes pervers attaquent la foi et les mœurs du peuple, il faut certainement mettre au premier rang ce déluge de mauvais livres qui, confiés chaque jour à la presse, se répandent à travers les villes, les bourgs et les campagnes. Sans doute, des hommes aussi doctes que pieux opposent ça et là à ce fléau des ouvrages étendus ou de simples opuscules ; par lesquels ou ils établissent la vérité de la doctrine catholique, ou ils détruisent les sophismes élevés contre elle, ou ils jettent dans les âmes, par diverses industries, les bons principes et la semence des vertus. Mais cet antidote serait peu profitable, si ceux qui examinent sérieusement les divers ouvrages n'avertissaient les fidèles de la malice et du danger des uns et de l'utilité des autres, surtout la plupart des mauvais dissimulant avec soin leur poison, et le faisant boire d'ordinaire sans qu'on y pense, et même y condamnant malgré eux les plus indifférents, tandis que les bons livres ne se répandent pas avec la même facilité, et tombent bientôt dans la haine et le mépris, sous la sentence unanime de ces journaux qui s'arrogent le droit de former l'opinion publique. — Vous vous êtes donc imposé, pour le service du peuple chrétien, pour la défense de la religion et des mœurs, la tâche laborieuse et difficile de lire tous les écrits, afin de pouvoir séparer le bon du mauvais, mettre l'un sous les yeux de tous et arracher l'autre de toutes les mains. Notre très-saint Père le Pape Pie IX, bien qu'il n'ait pu encore, absorbé par tant de soins, parcourir les volumes que vous lui avez offerts, en a cependant reçu le don avec grand plaisir, et regarde votre œuvre comme digne de toute louange. Il n'a pas jugé de peu de valeur les tables jointes à chaque volume, et au moyen desquelles on peut saisir d'un seul regard non-seulement le titre et le caractère des livres examinés, mais leur danger, leur utilité, leur convenance pour la classe et les dispositions de chaque lecteur. — Pour tous ces motifs, et aussi pour avoir donné à votre pays une histoire littéraire de cet âge, Il m'a ordonné de vous féliciter en son nom. Il veut aussi que je vous assure qu'il Lui serait très-agréable de vous voir persévérer dans votre entreprise, travailler avec la même ardeur à la gloire de Dieu et au salut du prochain, et consacrer à de si nobles causes le talent qui vous a été confié. Comme augure de la faveur divine, comme gage de sa gratitude et de sa bienveillance paternelle, Il vous accorde de tout son cœur, à vous, et aussi, suivant votre demande, à ceux qui s'appliquent avec vous à la même œuvre ou lui viennent en aide, la Bénédiction Apostolique.
« Pour moi, en obéissant bien volontiers à l'ordre du saint Père, je veux ajouter ici mes félicitations personnelles, et le témoignage de mon estime particulière, et demander pour vous à Dieu tous les dons salutaires.
« Je suis, très-illustre, très-révérend et digne Monsieur,
« Votre respectueusement dévoué serviteur,
« François MERCURELLI,
« Secrétaire de Sa Sainteté pour les lettres latines.
« Rome, le 18 septembre 1867. »
(1) Son Eminence le cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux.
(2) Par de très-nombreuses éditions du missel, du bréviaire et du paroissien romains, publiées par M. Mame, de Tours.
(3) Comme administrateur des fondations catholiques anglaises et écossaises en France.
(Bibliographie catholique, tome 39, 1868, pp. 5-8, http://www.liberius.net/article.php?id_article=190)
« Très-illustre, très-révérend et digne Monsieur,
« Le très-saint Père s'est réjoui de vous entendre recommander à plus d'un titre par l'un des plus éminents prélats des Gaules (1), pour les soins que vous avez donnés soit à étendre l'uniformité de la sainte liturgie (2), soit à procurer l'accroissement du clergé, principalement à l'étranger (3) ; mais il a été surtout ravi de l'ouvrage que vous avez entrepris depuis longtemps, et qu'avec une admirable constance et un travail assidu de vingt-sept années, vous avez conduit au trente-septième volume sous le titre de Bibliographie catholique. Entre les principaux artifices de corruption par lesquels les ennemis du nom chrétien et autres hommes pervers attaquent la foi et les mœurs du peuple, il faut certainement mettre au premier rang ce déluge de mauvais livres qui, confiés chaque jour à la presse, se répandent à travers les villes, les bourgs et les campagnes. Sans doute, des hommes aussi doctes que pieux opposent ça et là à ce fléau des ouvrages étendus ou de simples opuscules ; par lesquels ou ils établissent la vérité de la doctrine catholique, ou ils détruisent les sophismes élevés contre elle, ou ils jettent dans les âmes, par diverses industries, les bons principes et la semence des vertus. Mais cet antidote serait peu profitable, si ceux qui examinent sérieusement les divers ouvrages n'avertissaient les fidèles de la malice et du danger des uns et de l'utilité des autres, surtout la plupart des mauvais dissimulant avec soin leur poison, et le faisant boire d'ordinaire sans qu'on y pense, et même y condamnant malgré eux les plus indifférents, tandis que les bons livres ne se répandent pas avec la même facilité, et tombent bientôt dans la haine et le mépris, sous la sentence unanime de ces journaux qui s'arrogent le droit de former l'opinion publique. — Vous vous êtes donc imposé, pour le service du peuple chrétien, pour la défense de la religion et des mœurs, la tâche laborieuse et difficile de lire tous les écrits, afin de pouvoir séparer le bon du mauvais, mettre l'un sous les yeux de tous et arracher l'autre de toutes les mains. Notre très-saint Père le Pape Pie IX, bien qu'il n'ait pu encore, absorbé par tant de soins, parcourir les volumes que vous lui avez offerts, en a cependant reçu le don avec grand plaisir, et regarde votre œuvre comme digne de toute louange. Il n'a pas jugé de peu de valeur les tables jointes à chaque volume, et au moyen desquelles on peut saisir d'un seul regard non-seulement le titre et le caractère des livres examinés, mais leur danger, leur utilité, leur convenance pour la classe et les dispositions de chaque lecteur. — Pour tous ces motifs, et aussi pour avoir donné à votre pays une histoire littéraire de cet âge, Il m'a ordonné de vous féliciter en son nom. Il veut aussi que je vous assure qu'il Lui serait très-agréable de vous voir persévérer dans votre entreprise, travailler avec la même ardeur à la gloire de Dieu et au salut du prochain, et consacrer à de si nobles causes le talent qui vous a été confié. Comme augure de la faveur divine, comme gage de sa gratitude et de sa bienveillance paternelle, Il vous accorde de tout son cœur, à vous, et aussi, suivant votre demande, à ceux qui s'appliquent avec vous à la même œuvre ou lui viennent en aide, la Bénédiction Apostolique.
« Pour moi, en obéissant bien volontiers à l'ordre du saint Père, je veux ajouter ici mes félicitations personnelles, et le témoignage de mon estime particulière, et demander pour vous à Dieu tous les dons salutaires.
« Je suis, très-illustre, très-révérend et digne Monsieur,
« Votre respectueusement dévoué serviteur,
« François MERCURELLI,
« Secrétaire de Sa Sainteté pour les lettres latines.
« Rome, le 18 septembre 1867. »
(1) Son Eminence le cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux.
(2) Par de très-nombreuses éditions du missel, du bréviaire et du paroissien romains, publiées par M. Mame, de Tours.
(3) Comme administrateur des fondations catholiques anglaises et écossaises en France.
(Bibliographie catholique, tome 39, 1868, pp. 5-8, http://www.liberius.net/article.php?id_article=190)
Bibliographie catholique
10 janvier 2009 21:53
La Bibliographie catholique,
dont nous avons commencé à publier des extraits, était une revue
critique des ouvrages de religion, de philosophie, d’histoire, etc.
Elle comporte 80 volumes, couvrant les années 1841 à 1889. Son
fondateur et premier directeur était l’abbé Charles-Guillaume
Bérault des Billiers, vicaire à Saint-Thomas d’Aquin (Paris),
chanoine honoraire de Langres, puis vicaire général d’Arras,
protonotaire apostolique. L’abbé Clément a publié une petite
Notice sur Mgr Bérault des Billiers (Bourges, 1873), que
nous n’avons pas. Si un de nos lecteurs possède cette notice, nous
serions très intéressés à en prendre connaissance.
La position religieuse de la revue a été présentée dans le tome 5 :
« Nous ne sommes ni ultramontains ni gallicans, 1° parce que, entre les uns et les autres, il ne s'agit, pour le fond, que d'opinions, abandonnées jusqu'à présent à la libre dispute des écoles, et si, conformément à l'axiome reçu de tous : in dubiis libertas, on est libre de professer l'une ou l'autre, on est également libre de n'en professer expressément aucune ; 2° parce que nous voyons de part et d'autre des hommes éminents par leur savoir, par leur piété profonde et par leurs vertus, que nous nous garderions bien de condamner pour des opinions lorsque l'Église ne les condamne pas ; 3° parce que, dans les deux camps, il y a des personnes qui exagèrent l'une ou l'autre opinion et que nous sommes surtout ennemis des exagérations, toujours préjudiciables aux meilleures causes, aussi peut-on se convaincre, en relisant nos articles sans passion, que nous avons condamné les écarts de quelques gallicans, comme ceux de certains ultramontains ; 4° parce que nous croyons ces controverses souvent oiseuses et surtout très-inopportunes. Nous sommes catholiques romains, attachés par le fond de nos entrailles à l'Église universelle et à la chaire de Pierre en particulier, que nous défendrons toujours envers et contre tous ; mais nous n'avons pas, comme quelques-uns, la prétention d'être plus ultramontains que le chef même de l'Église ; ceux qui nous connaissent comme chrétiens et comme prêtres rendront hommage à la pureté de notre foi, à l'ardeur de notre dévouement prouvé par nos actes ; nous n'accordons à qui que ce soit le mérite d'en avoir davantage, moins encore le droit de mettre en doute la sincérité et l'orthodoxie de nos doctrines. »
L’intérêt de la revue est qu’elle couvre des années cruciales du combat catholique, incluant la restauration de la liturgie romaine, la lutte contre le monopole de l’enseignement, la querelle des classiques, la guerre contre les États pontificaux, le Concile du Vatican, etc.
Toutes les critiques ne sont pas nécessairement bonnes, mais avec l’avantage que nous avons de vivre 100 à 150 ans après les faits, il est plus facile de juger sereinement des hommes et des opinions.
Google a numérisé entièrement plusieurs volumes de la Bibliographie, disponibles en PDF : http://books.google.com/books?q=editions:0q_YKEcm921SsC&id=xYQEmQdNT7kC&hl=fr
La position religieuse de la revue a été présentée dans le tome 5 :
« Nous ne sommes ni ultramontains ni gallicans, 1° parce que, entre les uns et les autres, il ne s'agit, pour le fond, que d'opinions, abandonnées jusqu'à présent à la libre dispute des écoles, et si, conformément à l'axiome reçu de tous : in dubiis libertas, on est libre de professer l'une ou l'autre, on est également libre de n'en professer expressément aucune ; 2° parce que nous voyons de part et d'autre des hommes éminents par leur savoir, par leur piété profonde et par leurs vertus, que nous nous garderions bien de condamner pour des opinions lorsque l'Église ne les condamne pas ; 3° parce que, dans les deux camps, il y a des personnes qui exagèrent l'une ou l'autre opinion et que nous sommes surtout ennemis des exagérations, toujours préjudiciables aux meilleures causes, aussi peut-on se convaincre, en relisant nos articles sans passion, que nous avons condamné les écarts de quelques gallicans, comme ceux de certains ultramontains ; 4° parce que nous croyons ces controverses souvent oiseuses et surtout très-inopportunes. Nous sommes catholiques romains, attachés par le fond de nos entrailles à l'Église universelle et à la chaire de Pierre en particulier, que nous défendrons toujours envers et contre tous ; mais nous n'avons pas, comme quelques-uns, la prétention d'être plus ultramontains que le chef même de l'Église ; ceux qui nous connaissent comme chrétiens et comme prêtres rendront hommage à la pureté de notre foi, à l'ardeur de notre dévouement prouvé par nos actes ; nous n'accordons à qui que ce soit le mérite d'en avoir davantage, moins encore le droit de mettre en doute la sincérité et l'orthodoxie de nos doctrines. »
L’intérêt de la revue est qu’elle couvre des années cruciales du combat catholique, incluant la restauration de la liturgie romaine, la lutte contre le monopole de l’enseignement, la querelle des classiques, la guerre contre les États pontificaux, le Concile du Vatican, etc.
Toutes les critiques ne sont pas nécessairement bonnes, mais avec l’avantage que nous avons de vivre 100 à 150 ans après les faits, il est plus facile de juger sereinement des hommes et des opinions.
Google a numérisé entièrement plusieurs volumes de la Bibliographie, disponibles en PDF : http://books.google.com/books?q=editions:0q_YKEcm921SsC&id=xYQEmQdNT7kC&hl=fr